Giorgi Kochorashvili : « C’est le moment parfait pour montrer le Giorgi que j’ai toujours voulu être »
- Rabal

- il y a 5 heures
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Le milieu géorgien a livré ses premières impressions depuis son arrivée au Sevilla FC, évoquant son intégration, son lien particulier avec le club, son profil sur le terrain et ses ambitions sous les ordres de Luis García Plaza.
À peine arrivé à Séville, Giorgi Kochorashvili a déjà pleinement plongé dans son nouveau quotidien. Après avoir rejoint le groupe et accompagné ses nouveaux coéquipiers lors du déplacement à San Mamés, le milieu géorgien a raconté ses premières heures particulièrement intenses sous ses nouvelles couleurs.
« Très bien, très intense, les gens du club et mes coéquipiers m’ont beaucoup facilité les choses. Arriver, voyager et voir comment l’équipe a joué hier… je suis ravi. Très heureux et maintenant, au travail. Dès le voyage, dès le dîner de la veille, je me suis beaucoup connecté avec eux. C’est une ambiance extrêmement saine, c’est ce qu’il y a de plus important dans un vestiaire. Souvent, cette ambiance peut changer des matchs et des championnats. J’ai beaucoup parlé avec Odysseas pendant le dîner. J’ai joué contre lui lors des qualifications pour l’Euro et nous avons beaucoup de choses en commun. Lui aussi a joué au Portugal et je me suis bien entendu avec lui. L’unité qu’il y a ici m’a beaucoup facilité les choses. »
Kochorashvili a également eu l’occasion d’échanger avec Luis García Plaza, dont il connaissait déjà le travail depuis son passage au Deportivo Alavés. Le Géorgien sait désormais précisément ce que son nouvel entraîneur attend de lui.
« J’ai parlé avec le coach il y a peu. Il m’a tout expliqué et je le connais depuis son passage à Alavés. Je sais comment il travaille et je crois beaucoup en la vidéo pour apprendre à connaître les joueurs. On m’a expliqué la manière dont ils veulent jouer. J’ai découvert mes coéquipiers grâce à la vidéo même si je ne me suis pas encore entraîné avec eux. Je sais ce qu’ils aiment faire sur le terrain et je sais que Luis est quelqu’un d’exigeant, mais j’apprécie énormément. J’ai envie de le voir à l’entraînement. J’ai très faim, il y a beaucoup de travail et ce qui m’attend est très beau, avec des sacrifices. J’en suis certain. »
Son arrivée en Andalousie possède également une dimension très personnelle. Kochorashvili connaissait déjà l’histoire du club et avait échangé avec deux anciens capitaines du Sevilla FC, Vicente Iborra et Coke, qu’il a côtoyés au Levante UD.
« Le Sevilla correspond beaucoup à ce que je suis. C’est un club avec une grande histoire. J’ai parlé avec de grands capitaines comme Iborra ou Coke. Ils m’ont transmis les valeurs du club, mais il y a également une très belle histoire derrière. En Géorgie, nous n’avons pas la possibilité de voir beaucoup de grands matchs directement au stade. Les deux seuls matchs que j’ai vus étaient Espagne-Géorgie en 2011 et la Supercoupe d’Europe à Tbilissi en 2015. Ce jour-là, je me souviens que je n’arrivais pas à trouver de billet et que j’attendais. Deux heures avant le match, on m’a prévenu que j’avais une place et cela a été l’un des jours les plus heureux de ma vie. Je conserve encore ce billet et, depuis tout petit, je savais déjà ce qu’était le Sevilla. Pour moi, être dans un club aussi grand et avec autant de titres est un rêve. Cela vient du cœur et hier, en rentrant chez moi, j’ai écouté l’hymne de nombreuses fois. Quand tu l’écoutes, il te rentre dans la peau. Je suis très heureux et très reconnaissant pour tous les efforts qui ont été faits. Moi aussi, j’étais prêt à faire tous les efforts nécessaires pour venir ici. »
Cette fameuse soirée de 2015 à Tbilissi, lors de la Supercoupe d’Europe disputée entre le Sevilla FC et le FC Barcelona, lui a laissé une impression durable.
« Cette équipe transmettait le fait qu’elle n’abandonnait jamais. Elle pouvait souffrir, mais il y avait cette ambiance, cette confiance et cette volonté de se relever les uns les autres. Cela me correspond énormément. Moi, dans ma chambre quand j’étais petit, j’avais cette devise “ne jamais abandonner” écrite en anglais. Moi, je n’abandonnerai jamais et le Sevilla non plus. »
Son passage au Levante lui a également permis de côtoyer deux joueurs emblématiques de l’histoire récente du club nervionense. Une expérience qu’il considère encore aujourd’hui comme particulièrement enrichissante.
« Ils m’ont beaucoup appris. J’ai énormément appris avec eux. J’ai eu de grands capitaines et de grands coéquipiers. Ce qu’ils transmettaient de plus important, c’était l’humilité et le fait d’aider son coéquipier, sur et en dehors du terrain. Ce sont les valeurs que je garde avec moi. Je les remercie pour tout le temps qu’ils ont passé avec moi, pour les discussions et pour tout ce que j’ai appris à leurs côtés. »
Le Kochorashvili qui débarque aujourd’hui au Ramón Sánchez-Pizjuán n’est plus celui qui faisait ses premiers pas dans le football professionnel. Le milieu de terrain estime avoir évolué aussi bien humainement que dans sa compréhension du jeu.
« Kochorashvili a beaucoup changé. Il a énormément travaillé, il est tombé de nombreuses fois et il s’est relevé. Mais il a aussi appris que le football ne concerne pas seulement soi-même. Le football a beaucoup changé et je comprends qu’il faut regarder ceux qui sont à tes côtés, les comprendre et adapter ton jeu. Les aider à montrer le meilleur d'eux-même et comprendre ce que tu peux leur apporter et ce qu’ils peuvent t’apporter. C’est toujours un Giorgi qui entre sur le terrain avec énormément d’envie, cela n’a pas changé, mais il a un peu mûri et il sait qu’il y a des limites. Tu dois être le premier à aller aider ton coéquipier. »
Hasard de son parcours, la première convocation de Kochorashvili en Liga avec le Levante avait justement eu lieu face au Sevilla FC. Une rencontre qui lui avait permis de retrouver certaines figures qu’il connaissait déjà.
« J’avais un ami que j’avais connu à Gérone et qui a joué ici. C’est Yassine Bono, une grande personne. Quand j’étais à Gérone, j’avais 18 ans et il me demandait toujours comment j’allais, il m’apprenait des choses, il arrêtait tous mes penalties. Ce jour-là, je voulais aussi saluer Jesús Navas parce que je le connaissais grâce à la sélection espagnole. Je me souviens que d’être convoqué pour la première fois face à une équipe aussi grande était un rêve. »
Sa première découverte de Nervión a également provoqué une émotion particulière chez l’international géorgien.
« L’autre jour, quand je suis entré dans le stade, c’était comme lorsque tu cherches une maison et que tu en visites une qui ne te plaît pas. Mais il y a des maisons dans lesquelles tu entres et tu te dis : c’est ici que je dois rester. J’ai eu la chair de poule. J’ai senti que c’était le bon endroit. Cette sensation, tu l’as parfois et d’autres fois non, mais moi, je l’ai ressentie dans le stade où je vais jouer. »
Il n’avait pourtant pas encore découvert le Sánchez-Pizjuán rempli de supporters. À San Mamés, l’ambiance du parcage sevillista lui a cependant déjà donné un premier aperçu.
« Hier, je les ai déjà ressentis, parce que lorsqu’ils ont commencé à chanter l’hymne à San Mamés, alors que c’est difficile de se faire entendre là-bas, on les entendait. J’adore l’hymne et lorsque je l’entendrai dans le stade, peut-être que j’aurai les larmes aux yeux. Je ne suis pas sévillan, mais ça te rentre dans le cœur. »
Sur le terrain, Kochorashvili se définit comme un joueur complet, capable de participer à toutes les phases du jeu et particulièrement à l’aise dans un rôle de milieu relayeur.
« Je suis un joueur qui essaie d’aider ses coéquipiers pour qu’ils m’aident à leur tour. J’aime me projeter, j’aime défendre, toucher le ballon, être connecté et communiquer avec mes coéquipiers. Depuis tout petit, je disais que je voulais être un joueur capable d’apporter défensivement, offensivement et dans l’équilibre. Communiquer, être intense et aider mon coéquipier. En numéro 8, je me sens très bien parce que je peux redescendre pour recevoir le ballon, connecter avec l’attaquant et avec les latéraux. Je peux jouer long, aller au pressing ou me projeter. J’aime beaucoup arriver de derrière parce que, lorsque je connais bien les joueurs offensifs, ils me donnent ces quelques secondes pour arriver depuis la deuxième ligne. Je suis un 6 ou un 8, mais plutôt un 8. »
À 27 ans, Kochorashvili considère son arrivée au Sevilla FC comme un moment important dans son évolution personnelle et sportive.
« Toutes les années sont importantes. Mais c’est un moment de ma carrière où la maturité, le travail, les efforts, l’esprit collectif… tout se réunit. C’est le moment parfait pour montrer le Giorgi que j’ai toujours voulu être. On ne l’a pas encore vu et je l’ai visualisé, mais j’aurai besoin de tout cela pour atteindre mon meilleur niveau. »
International avec la Géorgie, le milieu de terrain a également évoqué la place particulière occupée par sa sélection nationale, avec laquelle il a participé au premier Euro de l’histoire du pays.
« C’était l’un de mes rêves, jouer avec la sélection A. Nous avons eu la chance de disputer l’Euro, alors que la Géorgie ne l’avait jamais joué auparavant. C’est quelque chose de spécial parce que cela te connecte énormément avec les gens. Nous sommes environ trois millions de personnes et tout le monde était dans les rues pour célébrer. Nous disons souvent que nous sommes importants, mais pour moi, les gens sont ce qu’il y a de plus important. Tu travailles sur le terrain et ensuite tu vois le visage des gens, tu les vois s’embrasser. Nous avons réussi à provoquer cela et ce club transmet également tout cela. J’espère que nous connaîtrons encore beaucoup de succès avec la sélection et avec le Sevilla. »
Kochorashvili devient également le premier joueur géorgien à intégrer l’équipe première sevillista, même si Giorgi Aburjania avait auparavant évolué avec le Sevilla Atlético.
« J’ai parlé avec lui il y a peu. Et le kiné Antonio l’a également connu. Il m’a donné quelques conseils et cela correspond aux valeurs de ce club. Il n’abandonne jamais, travaille énormément et est très humble. Je dois encore l’appeler. Au Sporting, l’année dernière, j’étais également le premier Géorgien. Dans un club aussi grand que le Sevilla, c’est un honneur pour moi. Le football géorgien traverse une période où beaucoup de joueurs émergent. Il y en a cinq en Liga et d’autres comme Mamardashvili en Premier League. Nous représentons notre pays et nous allons le défendre avec notre cœur. »
Kochorashvili rejoint un Sevilla FC qui a parfaitement débuté son championnat avec deux victoires en autant de journées. Une dynamique dont il mesure déjà l’importance avant la réception de l’Atlético de Madrid.
« C’est très bien. Comme le disait le coach, les garçons ont beaucoup travaillé pendant la préparation. Le vestiaire montre cette rage et cette attitude pour défendre l’écusson. Ils font les choses très bien. C’est un groupe qui va beaucoup apporter et ces six points représentent un vrai élan avant de recevoir l’Atlético de Madrid. Nous allons essayer de leur rendre les choses difficiles grâce à nos efforts. »
Le milieu géorgien ne cache d’ailleurs pas son impatience à l’idée de porter pour la première fois le maillot sevillista en compétition.
« J’adorerais. Hier, lorsque nous menions 0-3, j’ai déjà dit au staff technique que j’étais prêt à entrer. Lorsqu’ils ont marqué le 1-3, ce n’était plus le moment, mais il faut continuer à travailler. Je suis ici pour me préparer et être prêt pour le prochain match. J’espère que cette opportunité se présentera parce que je suis prêt. »
Enfin, Kochorashvili a terminé son intervention avec un message destiné à ses nouveaux supporters, fidèle à la philosophie qu’il dit avoir toujours portée avec lui.
« Je leur dirais de ne jamais abandonner dans leur vie. Qu’ils nous soutiennent toujours, mais je crois qu’ici, il n’est même pas nécessaire de le demander. Ce que je leur dis, c’est que je vais essayer d’atteindre mon meilleur niveau, de devenir le Giorgi que je veux être, d’aider mes coéquipiers et de voir comment ils nous encourageront lors du prochain match. Dans les moments difficiles comme dans les bons moments, nous devons tous rester unis. »




