Le Sevillismo se mobilise pour défendre l’avenir du club
- Rabal

- 18 juin
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Ce 18 juin s’annonce comme une date majeure dans l’histoire récente du Sevilla FC. Face à une crise institutionnelle profonde, les supporters préparent une mobilisation d’ampleur afin d’exiger le départ de l’actuel Conseil d’Administration. Les organisateurs espèrent réunir près de 30 000 personnes, ce qui ferait de ce rassemblement l’un des plus importants jamais organisés par les supporters du club.
Pour les associations de supporters à l’origine de l’initiative, la situation actuelle dépasse largement le cadre sportif. Elles considèrent que l’avenir même du Sevilla FC est en jeu et que le moment est venu pour les supporters de faire entendre leur voix.
Antonio Vázquez, porte-parole d’Accionistas Unidos, résume ainsi l’enjeu.
« Nous vivons un moment décisif, exceptionnel et historique pour la survie du Sevilla FC. »
Selon les organisateurs, la mobilisation devrait largement dépasser celle organisée l’année précédente, qui avait déjà réuni plusieurs milliers de personnes. La colère des supporters s’est accentuée au fil des mois, nourrie par les mauvais résultats sportifs, mais surtout par une perte totale de confiance envers les dirigeants.
« Il existe mille et une raisons pour que le sévillismo descende dans la rue. Nous sommes confrontés à une possible disparition du Sevilla FC tel que nous le connaissons. La situation s’est aggravée et les supporters en ont pleinement conscience. »
La Fédération des Peñas Sevillistas a déployé d’importants moyens logistiques, notamment en affrétant de nombreux autocars afin de permettre aux supporters de toute l’Andalousie de participer à la manifestation. Pour Carlos Jiménez, président de la fédération, cette mobilisation intervient à un moment opportun.
« Nous pensons qu’une manifestation de grande ampleur est appropriée aujourd’hui parce qu’elle ne nuit pas à l’équipe sur le plan sportif. Toute la famille sevillista est restée unie jusqu’à la fin de la saison. Après l’échec de la vente des actions détenues par les principaux actionnaires, nous avons pu préparer cette mobilisation pour faire entendre notre voix face au désespoir provoqué par la gestion dévastatrice du club. »
L’échec des négociations autour d’un éventuel changement d’actionnariat a constitué un tournant. Pendant plusieurs mois, une partie des supporters avait vu dans cette opération la possibilité d’un renouvellement de la gouvernance. Son abandon a ravivé le sentiment de frustration et d’abandon.
Antonio Vázquez dénonce notamment le manque de transparence qui a entouré ce processus.
« Nous n’avons été informés de rien. Tout s’est déroulé dans une opacité totale. De plus, le moment choisi pour vendre ne pouvait être pire, alors que l’équipe jouait sa survie en première division. C’était une manœuvre menée en coulisses pendant que les supporters étaient concentrés sur le sauvetage de leur club. »
Les représentants d’Accionistas Unidos rappellent également qu’ils représentent une part significative de l’actionnariat du club mais qu’ils ne sont jamais associés aux décisions importantes.
« Nous détenons environ 5 % du capital et représentons 1 200 actions. Nous faisons partie du sevillismo populaire mais nous sommes systématiquement écartés. »
Au-delà des divergences, les associations estiment que la fracture entre les dirigeants et les supporters est désormais totale. Toute possibilité de dialogue semble aujourd’hui rompue.
« Les canaux de communication sont malheureusement totalement rompus. »
Cette rupture s’est manifestée tout au long de la saison au stade Ramón Sánchez-Pizjuán et devrait désormais se traduire dans les rues de Séville. Le cortège partira de l’esplanade du Gol Sur avant de rejoindre la Puerta de Jerez, un lieu fortement symbolique pour les supporters du club.
Les critiques adressées au conseil d’administration sont particulièrement sévères. Pour de nombreux supporters, la direction actuelle ne poursuit qu’un seul objectif.
« Leur seul projet consiste à vendre le club au plus offrant et à remplir leurs poches. »
La revendication principale de cette mobilisation est claire : obtenir la démission immédiate du conseil d’administration.
« Le premier objectif est la démission du Conseil d’Administration. Tout dirigeant sait quand il est temps de partir. »
Les récentes interventions publiques du président José María del Nido Carrasco n’ont pas permis d’apaiser les tensions. Bien au contraire, elles ont renforcé le rejet dont il fait l’objet auprès d’une partie importante du sevillismo.
« C’était surréaliste. En dehors de la vente de la société sportive, il n’y a aucun projet. Nous critiquons aussi la figure du président lui-même, qui suscite un tel rejet que tout message qu’il tente de transmettre est immédiatement discrédité. Cela représente un coût énorme pour l’image du Sevilla FC, qui doit être réparée par un nouveau conseil. »
Pour les organisateurs, la manifestation ne constitue pas une finalité mais le point de départ d’un mouvement destiné à provoquer un changement profond au sein du club. Ils souhaitent envoyer un message sans ambiguïté à la direction actuelle.
« Que dans les bureaux du Ramón Sánchez-Pizjuán, chacun comprenne que ce projet et ce modèle actionnarial, gangrenés par le “pacte pour l’argent”, sont épuisés et discrédités. »
Ils estiment que le Sevilla FC a besoin d’un nouveau cap, recentré sur son identité historique et sur ses supporters.
« Ils le savent eux-mêmes. On ne peut pas relancer le Sevilla FC tout en mettant en péril sa survie. Le club mérite un nouveau projet, ambitieux et profondément sevillista. On ne parle même plus de football : le bruit permanent autour du club nourrit la méfiance. »
Antonio Vázquez conclut enfin avec une formule qui résume l’état d’esprit actuel d’une partie du sevillismo.
« Le sevillismo n’attendra pas que le cadavre du club passe devant les bureaux de la direction. »
Et rappelle une dernière fois le principe qui guide cette mobilisation.
« Une société sportive anonyme ne peut pas être dirigée contre ses supporters, et encore moins contre ceux du Sevilla FC, qui ont gagné le respect que l’actuel conseil refuse de leur accorder. »



