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Luis García Plaza : « Mon rêve est d’entraîner le grand Sevilla »

Photo du rédacteur: Rabal
Rabal
il y a 9 heures
16 min de lecture
L’entraîneur du Sevilla FC revient sur ses premiers mois à Nervión, la reconstruction de l’effectif, le mercato, ses ambitions et son rêve de ramener progressivement le club vers les sommets.

Six mois après son arrivée sur le banc du Sevilla FC, Luis García Plaza a accordé un long entretien à Alberto Fernández et Samuel Silva pour ABC de Sevilla. Le technicien madrilène y revient sur le maintien obtenu la saison dernière, la profonde transformation de l’effectif durant l’été et le très bon début de championnat réalisé par son équipe.

Mais malgré les résultats, l’entraîneur sevillista refuse de s’enflammer. Son objectif immédiat reste clair : ne plus revivre les souffrances des dernières saisons et poser les bases d’un Sevilla capable, à terme, de retrouver sa place parmi les grands.


« L’expérience la plus intense de ma carrière »

Luis García Plaza ne cache pas à quel point ses premiers mois à Nervión ont été éprouvants.

« Je l’ai toujours dit, c’est l’expérience la plus intense que j’ai vécue comme entraîneur de football. La situation était très délicate, vraiment très délicate. L’équipe avait énormément de lacunes dans beaucoup de domaines et nous avons réussi à en tirer le meilleur en très peu de temps. Pour moi, ce que nous avons réussi à faire a énormément de mérite. »

Le technicien distingue clairement deux périodes depuis son arrivée au club.

« Pour moi, ce sont deux défis différents : d’abord sauver le club, puis reconstruire. »

Lorsqu’il est arrivé à Séville, García Plaza explique avoir rapidement compris que certaines décisions fortes seraient nécessaires.

« Ce n’est pas la même chose de regarder une équipe de loin et de la voir de l’intérieur. Tu as une idée des joueurs, de leur manière de jouer, mais quand tu les vois au quotidien… Nous sommes arrivés et nous nous sommes dit qu’il fallait miser sur certains joueurs. Il fallait utiliser les jeunes du centre de formation parce qu’ils nous apportaient beaucoup d’implication, de faim et d’envie. »
Un changement profond de l’effectif

Après l’échec du processus de vente du club, Luis García Plaza assure avoir directement demandé au président une transformation importante de l’effectif.

« Quand la vente est tombée à l’eau, je me suis assis avec le président et je lui ai dit que je voulais un changement total dans l’effectif. Tout ce qu’il était possible de changer, en gardant seulement les joueurs que nous voulions plus ou moins conserver. »

C’est alors que le nom de José Ignacio, chargé de la direction sportive, s’est imposé.

« Le président m’a dit que, pour réaliser ce changement, la personne idéale était José Ignacio. Je pense qu’il a bien travaillé, notamment pour donner un changement radical à l’effectif. L’équipe souffrait énormément depuis deux saisons. On ne pouvait pas tout démanteler parce qu’il y avait aussi de bons joueurs, mais nous avons essayé de provoquer ce changement, même si certaines sorties ont consommé une partie de notre budget. »

Le coach sevillista estime que ce renouvellement était indispensable.

« Je pensais qu’il fallait vraiment donner une nouvelle image à l’équipe et c’est ce que j’ai demandé au président. Dès qu’on a su que la vente du club n’aurait pas lieu, nous nous sommes réunis le lendemain et je lui ai exposé les conditions que je souhaitais. Pour moi, c’était vraiment nécessaire. Il a accepté. »
Une équipe plus jeune et avec « envie »

Luis García Plaza se montre aujourd’hui satisfait de la composition de son groupe.

« Je dis toujours que lorsque le mercato ferme, mon effectif est le meilleur que je puisse avoir. Jusqu’au dernier match face à Vigo, alors que nous étions déjà sauvés, les résultats avaient été très bons. Nous avions gagné quatre matches sur huit, soit une moyenne de 1,5 point par rencontre. Certains joueurs qui ne sont plus là avaient donc bien performé. Des joueurs qui avaient bien joué avec moi, même si cela n’avait pas été le cas avec d’autres entraîneurs. »

Mais le changement était selon lui indispensable.

« Il fallait secouer l’arbre et changer certaines choses. Je pense que nous avons tous fait du bon travail. Nous avons aujourd’hui une jeunesse qui est positive sur certains aspects et moins sur d’autres, notamment en termes d’expérience. Mais nous recherchions surtout cette faim et cette envie de joueurs qui veulent conquérir le monde. Pour moi, c’est le plus important. »
Des départs difficiles à gérer

Le technicien reconnaît que la gestion des joueurs écartés n’a pas été simple.

« Ça n’a pas été facile. C’est dur de devoir parler avec beaucoup de joueurs pour leur demander de partir alors qu’ils sont encore sous contrat. Nous savions aussi que cela allait nous coûter financièrement dans la construction du nouvel effectif. Cela a été difficile parce que les départs tardaient à se concrétiser. Et au final, nous sommes des personnes. Pour une décision sportive, tu dois leur dire que tu ne comptes pas sur eux, leur expliquer… Je pense que tout a été géré de la manière la plus digne possible et que la majorité des joueurs ont accepté leur départ. C’était le plus important. »
Une relation très fluide avec José Ignacio

Luis García Plaza explique également entretenir une très bonne relation avec José Ignacio.

« Très bonne. Je le connaissais déjà de la saison dernière. Ce n’était pas quelqu’un qui arrivait dans un nouvel environnement puisqu’il était déjà au club lorsque je suis arrivé. Il était le numéro deux derrière Antonio Cordón. »

Le Madrilène assume également son caractère direct.

« Je suis très clair sur ce que je veux. Je pense que cela peut parfois surprendre, mais ensuite les directeurs sportifs l’apprécient. Je leur dis : je veux ça, ça doit être comme ça et ceci comme ça. Ensuite, leur travail commence et je n’interviens pas. Je n’appelle pas les joueurs, sauf parfois pour leur expliquer ce que j’attends d’eux. J’ai un très bon feeling avec José Ignacio. Je suis très à l’aise avec lui et je pense que c’est réciproque. »

Et pour García Plaza, impossible d’accepter un joueur auquel il ne croit pas.

« Si on me fait venir un joueur que je ne veux pas, je ne vais pas le faire jouer. Si je ne l’aime pas, je ne l’aime pas. C’est comme ça. »

Il accepte toutefois que la situation financière oblige parfois le Sevilla FC à chercher des profils qu’il connaît moins.

« Je peux comprendre que, dans certaines situations, le club me propose des profils que je ne connais pas. Ce n’est pas facile de tout faire correspondre, mais je pense qu’ils m’ont amené des joueurs qui correspondent globalement à ma manière de jouer. Je suis extrêmement satisfait de notre relation. Nous sommes francs les uns avec les autres et c’est le plus important. »
Un dernier jour de mercato complètement fou

Les arrivées tardives de Félix Correia, Lucas Stassin et Youssouf Fofana ont considérablement renforcé l’effectif.

« Il nous manquait des joueurs. Cette dernière journée et demie a été frénétique. Ce n’était pas facile parce que nous n’avions pas la capacité économique pour aller chercher certains joueurs. Les profils de Félix et Lucas étaient nécessaires parce que nous n’avions pas assez de joueurs à ces postes. »

Le cas de Fofana a été encore plus particulier, le club a alors tenté de convaincre le joueur grâce au projet.

« Nous avons terminé avec Fofa. Il devait être 22h30… Son nom apparaît et là tu te dis : il faut le faire venir coûte que coûte. Mais nous ne pouvions pratiquement rien lui proposer. José a été très rapide et le président aussi. Ils ont remué ciel et terre pour le contacter, parler avec son entourage et lui dire : voilà ce que nous avons, nous ne pouvons pas te donner davantage, mais tu dois venir dans un grand club comme le Sevilla malgré cette situation. Je pense qu’un cadeau nous est tombé dessus parce que, sans lui, nous n’aurions probablement recruté personne d’autre. »
Fofana change les plans tactiques

L’arrivée de l’international français offre davantage de possibilités à Luis García Plaza.

« Oui, ça change beaucoup de choses. Vous savez que j’aime souvent jouer en 4-4-2, mais j’ai aussi de très bons joueurs au milieu. Je ne suis pas quelqu’un de fermé. J’ai joué pendant de nombreuses années en 4-2-3-1 ou en 4-3-3. »

Le coach estime que le milieu représente actuellement l’une des principales forces du Sevilla.

« Agoumé est à un niveau exceptionnel, en tout cas depuis que je suis ici. Et si tu ajoutes Fofana, Guridi, Kochorashvili et même l’aide que peuvent apporter Manu et Nico, je pense que nous avons de quoi faire. En fonction du match, nous jouerons avec trois joueurs au milieu ou deux attaquants. »
Une équipe construite pour presser et gagner les duels

Le profil des joueurs recrutés répond également à la volonté du technicien de construire une équipe agressive et intense.

« Les statistiques nous disent que nous sommes l’équipe qui récupère le plus de ballons dans le camp adverse et celle qui gagne le plus de duels. Mon idée était de construire un effectif avec ces caractéristiques. »

Luis García Plaza rappelle néanmoins que ses plans dépendent toujours de l’effectif dont il dispose après la fermeture du mercato.

« Lorsque le marché se termine, tu te concentres sur la manière dont tu veux et peux jouer. Aujourd’hui, j’ai cette possibilité de jouer avec deux ou trois joueurs au milieu. »
Le départ d’Oso, un véritable choc

Luis García Plaza est également revenu sur sa réaction après le départ d’Oso, qui avait profondément bouleversé sa préparation.

« Nous sommes avant tout des personnes. Quand tu passes une semaine à travailler, que tu viens de gagner deux matches et que soudain cela arrive, c’est un choc. Il fallait ensuite trouver un joueur avec ce profil et ce n’était pas facile. Cela changeait tout ce que nous avions travaillé pendant la préparation. Dans ma tête, si nous ne trouvions pas un joueur de ce type, je commençais déjà à penser que je ne pourrais plus jouer comme je l’avais prévu. »

Le technicien estime néanmoins que le dossier appartient désormais au passé.

« Le joueur a fait un pas en avant dans sa carrière et il a laissé une rentrée d’argent au club, même si nous ne pouvions pas utiliser une grande partie de cette somme. Les limites salariales et toutes ces histoires m’ont rendu fou, mais finalement nous avons réglé la situation comme nous avons pu. »
« Si nous ne courons pas… »

Depuis le début de la saison, le Sevilla impressionne notamment par son intensité physique. Une nécessité aux yeux de García Plaza.

« Nous en avons parlé lors de nos dernières réunions. C’est comme ça que les joueurs doivent être compétitifs parce que, si nous ne courons pas… Aucun de nos attaquants n’est un buteur confirmé dans un grand championnat. Lucas Stassin, que j’adore, part avec les Espoirs, pas avec la sélection A. Miguel Sierra est apparu, mais il était déjà ici. Je ne l’ai pas découvert. »

Il tient d'ailleurs à mettre en valeur les joueurs déjà présents la saison précédente.

« Tout le monde parle des nouveaux, mais Castrín était déjà là, Kike était déjà là, Gaby Suazo, Odysseas, Agoumé, Miguel Sierra étaient déjà là. Il y a sept ou huit titulaires qui étaient déjà au club la saison dernière. Ils n’avaient pas eu ce rendement et aujourd’hui ils l’ont. Nous arrivons aussi à tirer davantage de ce qui était déjà présent. »
« Nous ne sommes supérieurs à personne, mais je ne me sens inférieur à personne »

Avec 13 points pris lors des sept premières journées, le Sevilla FC a parfaitement lancé sa saison. Pour autant, Luis García Plaza refuse de revoir ses objectifs.

« Cela change seulement le fait que nous soyons ici tranquillement à parler de la manière dont l’équipe joue et court. Mais fondamentalement, ça ne change rien. Le football est une question de dynamique. »

Le traumatisme des dernières saisons reste encore présent.

« Ce que je veux pour l’avenir, c’est ne pas revivre la souffrance de la saison dernière. C’est une très grande institution qui a réellement flirté deux fois avec la relégation. Quand tu arrives dans les dernières journées avec la possibilité de descendre, cela peut finir par t’arriver. »

La bonne situation comptable permet simplement d'aborder la suite avec davantage de sérénité.

« Ce qui change, c’est que nous sommes aujourd’hui plus tranquilles au niveau des points. Mais si lundi contre Levante nous ne sommes pas à fond, si nous ne donnons pas tout, ils nous battront. »

Luis García Plaza résume alors parfaitement la philosophie qu’il souhaite transmettre.

« Nous ne sommes pas une équipe avec un talent supérieur aux autres, mais je ne me sens inférieur à personne. Je pense que c’est le résumé de ce Sevilla. Nous devons aller sur chaque terrain et nous battre au maximum. »

Le Madrilène souhaite retrouver certains traits caractéristiques des grandes équipes sevillistas du passé.

« Je pense que cela permet aussi de récupérer des valeurs que, lorsque j’étais à l’extérieur, j’associais au Sevilla. Cela a toujours été une équipe très compétitive, très intense, très dure, très forte… »
Ne pas brider l’enthousiasme des supporters

Malgré les résultats, l’objectif officiel reste encore le maintien.

« Les exigences doivent correspondre à ce que tu es réellement. Il est évident que ce club est très grand et c’est pour cela que c’est une fierté pour moi de l’entraîner. »

Luis García Plaza fait même preuve d’une grande franchise lorsqu’il évoque son arrivée.

« S’il n’y avait pas cette situation économique, je ne serais pas ici. Pourquoi ? Parce que c’est comme ça. Dans le football, un club de ce niveau miserait sur un entraîneur avec davantage de pedigree. Ça ne me pose aucun problème, j’y suis habitué. »

Pour autant, il ne veut surtout pas empêcher les supporters de rêver.

« Je ne vais pas couper l’enthousiasme des gens. Je veux qu’ils aient envie de venir au stade. Aujourd’hui, tout le monde nous félicite et ce n’est pas seulement à cause des résultats, mais surtout pour ce que l’équipe transmet. »

Et l’entraîneur estime que son équipe dispose encore d’une marge de progression.

« Je pense que l’équipe peut encore donner davantage. »
« Ce Sevilla des titres doit revenir »

Luis García Plaza sait parfaitement ce que représente le Sevilla FC et son histoire récente.

« Je ne pense pas qu’il faille enlever aux gens leur enthousiasme. Je ne suis personne pour le faire. En plus, l’équipe transmet quelque chose. Les supporters voient surtout qu’elle va tout donner. Je pense que ce Sevilla que l’on voit sur les photos avec les titres doit revenir. Peut-être pas maintenant, mais nous devons commencer à poser les bases pour y parvenir. »

Le coach insiste néanmoins sur la nécessité d’avancer progressivement.

« Si cela arrive plus tôt, tant mieux. Mais si nous terminons par exemple douzièmes, que nous nous maintenons sans aucun problème et que nous voyons que nous avons construit quelque chose qui nous permet, malgré notre situation économique, de continuer à grandir et de revenir vers ce Sevilla-là, c’est ce que j’ai en tête. Mais étape par étape. »
Le rêve d’entraîner à nouveau un grand Sevilla

Interrogé sur cette ambition, Luis García Plaza ne cache pas son rêve.

« J’espère pouvoir un jour entraîner le grand Sevilla. Il reste un grand club, mais aujourd’hui avec des ressources économiques inférieures. Je l’accepte et je veux essayer de toutes mes forces. J’espère avoir cette chance un jour. »

Pour lui, entraîner le Sevilla représente déjà une dimension particulière.

« Tu le ressens. Il y a l’impact du Sevilla, pas seulement dans la ville, mais également en dehors de Séville. C’est là que je le remarque le plus. »

Dans son lieu de résidence habituel à Altea, il mesure encore davantage cette dimension.

« Le Sevilla est différent. C’est un autre niveau. C’est un club qui appartient aux grands. On m’écrit de partout. C’est un grand club et c’est une fierté pour moi d’entraîner cette équipe. Tout ce que tu fais a une énorme répercussion : tout ce que tu dis, chaque bon match, chaque mauvais match. »
Le rôle déterminant du Sánchez-Pizjuán

Luis García Plaza n’oublie pas non plus le rôle joué par les supporters lors du maintien de la saison dernière.

« La saison dernière, ils ne nous ont pas seulement aidés : ils ont été essentiels. Sans eux, nous n’y serions pas arrivés. »

Le coach se souvient notamment du match contre la Real Sociedad de Fútbol.

« Mes agents sont des gens très importants qui travaillent dans le football depuis toujours, qui ont vécu des matches de Ligue des champions, et ils m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vécu une ambiance comme celle du match contre la Real Sociedad. Et c’était un lundi. Le stade tremblait. C’était incroyable. »

Cette saison, il commence à retrouver ce même état d’esprit.

« Nous commençons à redevenir cette équipe qui rappelle l’ancien Sevilla. Avec plus ou moins de qualité, plus ou moins de joueurs décisifs, mais où les gens voient que chacun va tout donner et se battre pour cet écusson. »
« Quand le Sevilla appelle, tu t’arrêtes »

Luis García Plaza reconnaît avoir longuement réfléchi lorsque le Sevilla lui a proposé le poste dans une situation sportive aussi délicate.

« Quand le Sevilla appelle, tu t’arrêtes. Tu regardes attentivement le calendrier et tout le reste. Le Sevilla t’attire par son nom, son institution, ses supporters et beaucoup d’autres choses. En tant qu’entraîneur, tu rêves toujours d’entraîner le Sevilla. »

Mais accepter représentait également un risque important.

« Moi aussi, j’ai pris un gros risque. Je n’ai jamais connu de relégation dans ma carrière et il y avait une vraie possibilité que cela arrive. Mais quand le Sevilla t’appelle, tu te dis rapidement : c’est un grand club et tu dois y aller. Je suis ravi d’avoir pris cette décision. »
Un tournant dans sa carrière

Après deux décennies passées sur les bancs, Luis García Plaza sait que ce projet peut représenter une étape importante de sa carrière.

« Les entraîneurs comme moi sont souvent catalogués comme des entraîneurs de petits clubs de Première division et personne ne te donne vraiment cette opportunité que tu attends. »

Il rappelle néanmoins son parcours.

« Sur les trois projets que j’ai eus en deuxième division avec l’objectif de monter, nous sommes montés trois fois. »

Aujourd’hui, le défi sevillista est différent.

« C’est évidemment un défi immense pour moi et j’espère que nous y arriverons. Pour le moment, tout se passe bien, mais il faut continuer. »
Le VAR et les décisions arbitrales

Comme souvent, Luis García Plaza a également été interrogé sur l’arbitrage vidéo.

« On essaie de bien s’entendre avec le VAR. C’est vrai que nous avons tous beaucoup de doutes sur les moments où il intervient ou non. »

Le coach revient notamment sur la victoire obtenue à Bilbao.

« J’ai entendu dire qu’on nous avait offert la victoire à Bilbao. Même s’il y avait eu une erreur, nous avons nous aussi joué d’autres matches en infériorité numérique. À Bilbao, nous avons très bien fait les choses pour gagner. »

Pour García Plaza, le dialogue reste essentiel.

« Je pense qu’il y a aujourd’hui un peu plus de dialogue entre les entraîneurs et les arbitres. Je dis toujours que tout finit par s’équilibrer sur les 38 journées. Ce sont des êtres humains, mais il faut les aider. »

Et concernant le VAR.

« Le VAR n’est pas une machine. C’est une personne qui interprète ce qu’elle voit avec un protocole. Nous devons accepter l’erreur à partir du moment où l’on nous explique ensuite ce qu’ils ont pensé. »
Isaac, Stassin et Robbie Ure : trois profils différents

Luis García Plaza dispose actuellement de trois attaquants aux caractéristiques très différentes.

Sur Isaac Romero, il explique.

« J’ai toujours pensé qu’Isaac était beaucoup meilleur lorsqu’il joue avec un autre attaquant. »

Concernant Lucas Stassin, le coach apprécie notamment son intelligence tactique.

« Lucas est un joueur très intuitif. Tu lui expliques deux idées et il les comprend immédiatement, un peu comme Fofana. Il s’est très bien adapté tactiquement à l’équipe. Il doit encore progresser. »

La situation de Robbie Ure est différente.

« Pour Robbie, le changement est énorme. Il arrive d’un championnat très modeste où le niveau est beaucoup plus faible. Il s’en est rendu compte dès le premier jour à Bilbao. Il doit continuer à progresser. Ce ne sont pas des joueurs confirmés. Ce sont des paris du club. Ils doivent progresser parce qu’ils sont très jeunes. »
Rubén Vargas, un joueur « différent »

Luis García Plaza espère également récupérer rapidement Rubén Vargas.

« Je pense que c’est un joueur qui nous apporte des choses différentes et qui possède même certaines qualités très spécifiques dans cet effectif. »

Il souligne notamment sa qualité sur coups de pied arrêtés.

« Il est très bon sur phases arrêtées. Lorsque Kocho n’est pas sur le terrain, nous n’avons pas vraiment d’autre spécialiste dans ce domaine. C’est un joueur dont nous avons besoin. J’espère que cette petite pause lui permettra de revenir rapidement avec nous. Rubén peut apporter quelque chose de différent à l’équipe et j’espère que nous allons le récupérer. »

L’été compliqué vécu par le Suisse pourrait également avoir eu une influence.

« Les joueurs ne sont pas étrangers à la situation économique du Sevilla. Ils savent que le club doit vendre. La fin de l’été a été un peu mouvementée. Heureusement, l’équipe a fonctionné sans lui jusqu’à maintenant. Mais je veux ajouter encore un peu de sucre au gâteau et j’espère le récupérer parce que c’est un joueur différent de ceux que nous avons. »

Une chose est cependant non négociable pour le technicien.

« Rubén sait que s’il ne court pas, il ne jouera pas avec moi. Il le sait. Avec notre manière de jouer et cinq changements, surtout dans notre Sevilla, nous devons énormément courir. »
Agoumé à son meilleur niveau

Le coach sevillista s’est également longuement exprimé sur Lucien Agoumé.

« J’ai très bien expliqué son rôle à Luci. Je joue avec un numéro six et un numéro huit très clairement définis, ou avec un six et deux huit. Dans le rôle du six, il correspond parfaitement. Il doit jouer à un rythme élevé. Lorsqu’il baisse le rythme, son rendement diminue. Depuis que je suis ici, je pense qu’il joue avec cette intensité et les données physiques le montrent. »

Le technicien apprécie également énormément sa personnalité.

« Tactiquement, il est intelligent, il sait où se placer. Et je pense que les joueurs qui sont ici depuis un certain temps commencent aussi à devenir des leaders du vestiaire. C’est un garçon exceptionnel. Il est drôle, aimable avec tout le monde et se préoccupe de ses coéquipiers. Il est vraiment dans son meilleur moment. C’est un joueur qui restera longtemps ici ou qui représentera une très bonne vente pour le club. »
Le Gran derbi de Séville, déjà dans sa tête

Luis García Plaza découvre aussi progressivement la rivalité entre le Sevilla FC et le Real Betis Balompié.

« Cette ville est unique pour ça. Je viens d’autres endroits et ce n’est pas comparable. On peut éventuellement comparer un peu avec Real Madrid-Atlético, mais ici c’est spécial. J’ai énormément, énormément, énormément envie de vivre un derby parce que, vu de l’extérieur, cela m’a toujours semblé être un spectacle extraordinaire. J’ai très envie de le vivre et de le gagner. »
L’objectif : ne plus souffrir

Pour terminer, Luis García Plaza a été interrogé sur son souhait pour la saison.

« Que l’équipe continue de transmettre ces bonnes sensations. Même si, à un moment, les résultats sont mauvais ou que nous traversons une mauvaise série, les gens peuvent revenir vers toi. Le rêve, c’est de ne pas souffrir… Non, en réalité, cela doit être un objectif et non un rêve. Dire que le rêve est de ne pas souffrir n’est pas bien exprimé. »

Derrière cet objectif se trouve cependant une ambition beaucoup plus grande.

« Dans cet objectif de ne pas souffrir cette année, il y a implicitement celui de construire quelque chose de beau. J’espère que nous y arriverons dès cette saison, mais nous ne pouvons pas nous imposer cette obligation parce que ce serait irréaliste. »

García Plaza imagine notamment une saison où le maintien serait assuré suffisamment tôt pour permettre au club de regarder vers l’avenir.

« Le mieux serait de se sauver cinq journées avant la fin et de pouvoir se dire : attention, il y a désormais une base qui va nous permettre, après un nouvel été enthousiasmant, de franchir une étape supplémentaire. »

Et lorsqu’on lui demande finalement de distinguer son objectif de son véritable rêve, sa réponse ne laisse aucun doute.

« Mon rêve, à un moment donné, c’est de diriger le grand Sevilla. Je ne sais pas si ce sera cette année ou une autre, mais oui, mon rêve est d’entraîner le grand Sevilla. »

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