Luis García Plaza : « Nous sommes une équipe qui doit travailler dur, se battre, tout donner »


À la veille de la réception du Deportivo Alavés au Ramón Sánchez-Pizjuán, Luis García Plaza s’est présenté en conférence de presse dans un contexte particulièrement douloureux. Visiblement ému par la disparition de Jesús de Miguel, l’entraîneur du Sevilla FC a exprimé ses condoléances à la famille et aux proches du joueur, tout en appelant à une réflexion sur le maintien des rencontres de football après de telles tragédies. Le technicien nervionense est également revenu sur la défaite à Getafe, l’état de son effectif et les retrouvailles avec son ancien club.
Avant d'aborder les questions sportives, l'entraîneur du Sevilla FC a tenu à rendre hommage à Jesús de Miguel et à adresser un message de soutien à ses proches.
« Tout notre soutien et nos condoléances les plus sincères à toute la famille de Jesús de Miguel, à tous ses amis et à l'ensemble du monde du football. Je crois que ce qui s'est passé est une véritable tragédie. Les mots sont superflus. Il faut être à leurs côtés et essayer de les aider autant que possible, dans la mesure de nos moyens. Qu'il repose en paix. »
Luis García Plaza a également évoqué les moments difficiles traversés par l'Espagne, déjà marquée par les récents accidents ferroviaires.
« Ce sont des jours difficiles pour l'Espagne. Les accidents de train ont été très douloureux pour de nombreuses familles et, cette fois, nous sommes confrontés à quelque chose qui nous touche directement en tant que professionnels du football : la mort d'un joueur sur un terrain de football. C'est difficile, mais il faut continuer. »
Interrogé sur Owono, qu'il a côtoyé lors de son passage au Deportivo Alavés, le technicien a tenu à rappeler la dimension humaine de ce drame.
« C'est un garçon extraordinaire. Nous ne pouvons pas comparer ce qui est arrivé à Jesús avec d'autres situations, mais ne faisons pas non plus deux victimes. Il y en a déjà eu bien assez avec une seule. Il y a certainement quelqu'un qui vit un véritable enfer. C'est une tragédie pour le football et, après ce qui s'est passé avec le train, ce sont des moments compliqués. Mais nous devons continuer notre travail et notre vie. »
« Je pense qu'on ne devrait pas jouer »
Au-delà de l'émotion, Luis García Plaza s'est interrogé sur la décision de maintenir les rencontres de football dans un contexte aussi douloureux. Une position qu'il a tenu à présenter comme strictement personnelle.
« Je pense qu'on ne devrait pas jouer, c'est mon opinion personnelle, qui n'a rien à voir avec celle du club. Je pense également qu'on n'aurait pas dû jouer lorsque l'accident de train s'est produit, lors de la journée de Copa del Rey, comme je l'avais déjà dit l'année dernière au moment de la DANA, lorsque j'entraînais le Deportivo. Ce sont des situations différentes, je pense qu'on ne devrait pas disputer ces matchs dans de tels moments. C'est un sentiment personnel. Mais s'il faut jouer, nous jouerons. Ce sont trois points extrêmement importants et demain, il faudra être compétitifs et essayer de gagner. »
Le technicien a également expliqué l'absence de Giorgi Kochorashvili à l'entraînement, autorisé à assister aux obsèques de Jesús de Miguel, dont il avait été le coéquipier.
« Kocho n'est pas là aujourd'hui parce qu'il est parti assister aux obsèques de Jesús de Miguel. Ils ont été coéquipiers. Il va s'imposer un énorme effort physique, puisqu'il est parti très tôt ce matin pour pouvoir être présent. Il m'a demandé l'autorisation hier et comment aurais-je pu la lui refuser ? »
Une seconde période à Getafe qui ne passe toujours pas
Sur le plan sportif, Luis García Plaza est revenu sur la défaite concédée face au Getafe CF (3-1). Malgré ce revers, l'entraîneur a rappelé que son équipe occupait toujours la sixième place de LaLiga et qu'il ne fallait pas oublier le travail accompli depuis le début de la saison.
« Je pense que l'équipe a fait de bonnes choses et je tiens à le souligner : une équipe qui est sixième ne peut pas être en train de tout faire mal. À Getafe, nous avons très mal joué en seconde période, sans avoir changé notre approche ni quoi que ce soit. La première période a été excellente et la seconde très mauvaise. Le jour où nous ne sommes pas efficaces et où nous ne donnons pas notre maximum, nous allons perdre, parce que nous ne sommes pas une équipe de ce niveau-là. Nous sommes une équipe qui doit travailler dur, se battre, tout donner et pour laquelle chaque victoire demande énormément d'efforts. »
Pour le technicien madrilène, le Sevilla FC doit surtout apprendre à mieux profiter de ses temps forts. Sa formation a notamment manqué l'occasion de prendre une avance plus importante lors des 45 premières minutes au Coliseum.
« Il faut toujours s'améliorer. Je suis entièrement d'accord sur le fait que la première chose à faire après une défaite est de faire son autocritique. La seconde période a été mauvaise. La première période a été l'une des clés de la défaite : nous n'avons pas mené 0-2 ou 0-3 alors qu'eux, à domicile, ne sont même pas arrivés dans notre surface pendant 45 minutes. Ensuite, ils ont été meilleurs que nous et il faut le reconnaître. Nous devons comprendre pourquoi ils nous ont dominés alors que nous n'avions rien changé, ni le système ni l'approche du match. Je pense que lorsque nous sommes supérieurs, nous n'en tirons pas suffisamment profit. C'est ce que nous devons améliorer : marquer davantage de buts lorsque nous dominons. Nous avons du mal à rentabiliser les moments des matchs où nous sommes les meilleurs. »
Isaac Romero et Fofana disponibles, les attaquants attendus au tournant
Interrogé sur l'état physique d'Isaac Romero et de Fofana, Luis García Plaza s'est montré particulièrement rassurant.
« Ils vont parfaitement bien. Les deux peuvent jouer. »
L'entraîneur sevillista a également évoqué la possibilité d'associer Lucas Stassin et Robbie Ure à la pointe de l'attaque, une solution déjà expérimentée lors du dernier match.
« L'autre jour, ils ont joué ensemble pendant 25 minutes et cela peut être une solution parfaite, même si les choses ne se sont pas très bien passées lorsque les deux étaient sur le terrain. Je pense que leur travail est bon, mais nous avons besoin de davantage de buts de leur part. Ils doivent franchir ce cap. Nous avons besoin que nos attaquants marquent des buts. »
La régularité défensive constitue également un axe de progression pour le Sevilla FC, qui a parfois encaissé trop de buts malgré plusieurs prestations solides depuis le début du championnat.
« Nous travaillons pour essayer d'encaisser moins de buts. Sur les onze matchs, nous avons réussi à garder notre cage inviolée à trois reprises et je crois que, lors de quatre autres rencontres, nous avons été très bons. Ce sont de très bons chiffres sur sept matchs, mais sur les autres, ils sont très mauvais. Je pense que nous devons être plus réguliers. »
Des retrouvailles particulières avec le Deportivo Alavés
La réception du Deportivo Alavés aura une saveur particulière pour Luis García Plaza. L'entraîneur du Sevilla FC a conservé un attachement profond au club basque, où il a passé trois saisons particulièrement marquantes dans sa carrière.
« Pour moi, affronter le Deportivo Alavés sera toujours spécial. C'est un club où j'ai passé trois années, pratiquement les plus heureuses de ma vie en tant qu'entraîneur. Je me suis imprégné de sa culture, de sa manière de faire les choses et de vivre. J'ai énormément d'affection pour ce club, aussi bien pour les joueurs que pour les personnes qui le composent. Je pense que c'est un club exemplaire dans de très nombreux domaines. »
Il est également revenu sur l'émotion ressentie lors de son départ de Vitoria, notamment en raison du soutien témoigné par les supporters.
« Cela a été dur et beau à la fois, parce que voir des supporters venir t'attendre à l'entrée du stade et continuer à chanter ton nom après une saison, c'était très émouvant. Pendant toute la seconde partie de saison, ils ont chanté mon nom alors que je n'étais même pas là. C'était très beau, mais demain, s'ils peuvent avoir beaucoup de malchance, qu'ils en aient ! »
Kike Salas, un futur capitaine du Sevilla FC ?
Parmi les satisfactions individuelles de ce début de saison, Luis García Plaza a particulièrement insisté sur les progrès réalisés par Kike Salas. Le défenseur central, devenu l'un des éléments importants de l'effectif nervionense, semble avoir pleinement gagné la confiance de son entraîneur.
« Je peux seulement dire que je pense qu'il progresse de manière exponentielle, qu'il est l'un des joueurs les plus remarquables du Sevilla FC et que nous espérons qu'il poursuivra sur cette lancée. Je vois Kike comme le capitaine du Sevilla pendant de nombreuses années. Il doit être un joueur très important et j'espère que ce sera le cas. »
Enfin, le technicien a été interrogé sur l'expulsion de Manu Bueno lors de la défaite à Getafe. Tout en reconnaissant la gravité de l'erreur commise, il a refusé de faire porter la responsabilité du résultat sur les épaules de son joueur.
« L'action qui conduit au carton rouge est une très grosse erreur. Quand le Sevilla FC gagne ou perd, tout le monde gagne ou perd, moi le premier et ensuite les joueurs. Je pourrais te citer certaines erreurs de n'importe quel joueur et il est un membre de l'effectif comme les autres. Je pense que s'il y a bien une chose dans ce groupe, c'est qu'ils forment véritablement une famille, qu'ils avancent tous ensemble et que c'est ainsi que cela doit être. »
Enfin, Luis García Plaza est revenu sur les décisions arbitrales qui ont récemment concerné son équipe, notamment lors de la rencontre face à Getafe.
« Après Bilbao, ils ont reconnu s'être trompés en notre faveur et certains ont dit que nous avions quelques points de trop. Maintenant, c'est l'inverse. Sur l'action de Getafe, il était clair que la VAR ne pouvait pas intervenir. Si l'arbitre n'avait pas sifflé, il y aurait eu but, mais il a sifflé. Et l'arbitre chargé de la VAR, sachant qu'il ne pouvait pas intervenir, l'a tout de même appelé. Nous ne comprenons pas cette décision. »
Après cette conférence de presse marquée par l'émotion, le Sevilla FC devra désormais se concentrer sur la réception du Deportivo Alavés, ce vendredi 6 novembre à 21 heures au Ramón Sánchez-Pizjuán. Sixièmes de LaLiga avec 17 points, les Nervionenses tenteront de renouer avec la victoire devant leur public après le revers subi à Getafe.



