Tiempo de Revisión : Entre révélations de la REFCAM et silence du CTA, la polémique arbitrale prend une nouvelle dimension


Deux jours après la défaite du Sevilla FC sur la pelouse du Real Madrid (4-1), les controverses arbitrales du Bernabéu continuent d'alimenter les débats en Espagne. Alors que le Comité Technique des Arbitres (CTA) a choisi de ne retenir aucune des actions litigieuses de la rencontre dans son émission hebdomadaire « Tiempo de Revisión », LaLiga a publié plusieurs séquences de la REFCAM révélant les explications données par Mateo Busquets Ferrer aux joueurs. Des propos qui soulèvent de nouvelles interrogations, au moment où le club andalou réclame des réponses aux instances arbitrales.
La défaite du Sevilla FC au Santiago Bernabéu dimanche soir ne se résume plus au résultat sportif. Depuis le coup de sifflet final, plusieurs décisions arbitrales prises par Mateo Busquets Ferrer cristallisent la colère des dirigeants, des joueurs et des supporters sevillistas. Au cœur des contestations figurent notamment le coup de coude présumé d'Arda Güler sur Peque Fernández en première période et l'accrochage d'Ibrahima Konaté sur Robbie Ure avant le deuxième but madrilène.
Ce mardi, deux nouveaux éléments sont venus relancer la polémique. D'un côté, l'absence totale des actions controversées du Bernabéu dans le programme officiel d'analyse du CTA. De l'autre, la diffusion par LaLiga d'images enregistrées par la caméra embarquée de l'arbitre, permettant de découvrir certaines conversations tenues sur la pelouse.
Güler - Peque : une vérification du VAR qui continue d'interroger
La première grande controverse intervient en première période, alors que les deux équipes sont encore à égalité. Après une action au milieu de terrain, Peque Fernández se retrouve au sol à la suite d'un contact avec Arda Güler, dont le geste du bras est interprété par le camp sevillista comme un coup de coude.
Une altercation éclate alors entre plusieurs joueurs, tandis que le jeu est interrompu pendant deux minutes et vingt secondes pour permettre une vérification de la situation.
Les images récemment publiées par LaLiga, issues de la REFCAM portée par Mateo Busquets Ferrer, dévoilent un échange entre l'arbitre et Federico Valverde. Le directeur de jeu explique au milieu uruguayen les avertissements distribués pendant cet incident.
« Le carton jaune est pour Huijsen et pour lui [Félix], parce qu'ils se sont confrontés. Et maintenant, ils sont en train de vérifier ce qui s'est passé ici. »
Malgré cette vérification, aucune sanction n'est finalement prise à l'encontre d'Arda Güler pour son geste sur Peque.
Selon les explications du CTA rapportées par la Cadena SER, les images disponibles n'auraient pas permis d'établir de manière suffisamment claire et incontestable l'existence d'un comportement violent. L'organisme arbitral assure que les angles de caméra étaient trop éloignés de l'incident, le ballon se trouvant à ce moment-là dans une autre zone du terrain.
Une justification vivement critiquée par l'ancien arbitre Iturralde González, qui a jugé incompréhensible qu'un stade disposant de 22 caméras ne puisse fournir des images suffisamment précises d'une éventuelle agression.
Pour Luis García Plaza, cette décision reste l'un des tournants du match. Après la rencontre, l'entraîneur sevillista avait estimé que son équipe aurait dû évoluer en supériorité numérique, dénonçant ouvertement l'absence d'expulsion du joueur madrilène.
Robbie Ure retenu par Konaté : la REFCAM révèle une explication surprenante
La deuxième action controversée intervient à la 37e minute, alors que le Real Madrid mène déjà 1-0. Robbie Ure tente de s'échapper vers le but de Thibaut Courtois lorsqu'il est retenu par Ibrahima Konaté, qui l'empêche de poursuivre sa course.
Pourtant, Mateo Busquets Ferrer ne signale aucune infraction et laisse le jeu se poursuivre. Le Real Madrid inscrit ensuite son deuxième but par l'intermédiaire de Kylian Mbappé.
L'action avait déjà provoqué l'indignation du banc sevillista, d'autant que le club avait reproché à Movistar Plus de ne pas avoir proposé immédiatement de ralentis permettant d'examiner le contact.
Mais les nouvelles images de la REFCAM apportent désormais un élément supplémentaire. Alors que Gabriel Suazo réclame une faute sur son coéquipier, Busquets Ferrer lui livre sa propre interprétation de la situation.
« C'est une petite retenue, puis il se laisse tomber alors que le ballon est là-bas. Et même s'il y avait faute, ce serait une autre phase d'attaque. »
Des propos particulièrement contestables aux yeux du camp sevillista. En évoquant une « petite retenue », l'arbitre reconnaît l'existence d'un contact tout en considérant celui-ci comme insuffisant pour justifier une faute. Il estime également qu'une éventuelle infraction ne pourrait pas entraîner l'annulation du but madrilène, puisqu'elle appartiendrait à une autre phase de jeu.
Cette explication prend une dimension supplémentaire au regard des informations rapportées après la réunion organisée ce mardi entre le CTA et les représentants du Sevilla FC. Selon plusieurs échos de cette rencontre, l'organisme arbitral aurait reconnu qu'une faute aurait dû être sifflée sur Robbie Ure, sans pour autant admettre l'ensemble des réclamations formulées par le club.
Le CTA passe sous silence les polémiques du Bernabéu
Alors que les débats se multiplient autour de l'arbitrage de cette rencontre, la publication du dernier épisode de « Tiempo de Revisión » a provoqué une nouvelle vague d'incompréhension.
Ce programme hebdomadaire du Comité Technique des Arbitres, destiné à revenir sur certaines décisions prises lors des rencontres de LaLiga, ne comporte aucune séquence du Real Madrid – Sevilla FC. Ni le geste d'Arda Güler sur Peque, ni l'accrochage de Konaté sur Ure, ni le penalty accordé à Kylian Mbappé en seconde période ne figurent dans l'analyse officielle de la neuvième journée.
Une absence qui contraste avec l'ampleur des contestations suscitées par cette rencontre.
Du côté du CTA, il est rappelé que les clubs disposent de la possibilité de solliciter des explications directement auprès des responsables de l'arbitrage, indépendamment des séquences retenues dans l'émission.
Mais pour les supporters sevillistas, le choix de ne présenter aucune de ces situations dans un programme consacré à l'analyse arbitrale contribue à renforcer le sentiment d'injustice.
La diffusion des images de la REFCAM ne permet d'ailleurs pas de répondre à toutes les interrogations. Si celles-ci révèlent certaines explications données par Busquets Ferrer aux joueurs, elles ne donnent pas accès aux échanges entre l'arbitre central et la salle VAR, notamment concernant l'incident entre Güler et Peque.
Le Sevilla FC réclame les conversations du VAR
Face à cette situation, le Sevilla FC a décidé de poursuivre ses démarches auprès des instances arbitrales espagnoles.
Le président José María del Nido Carrasco a notamment entrepris de rencontrer les responsables du CTA à Madrid afin de demander des explications sur les décisions contestées dimanche soir.
Parmi les principales revendications du club figure l'accès aux conversations audio échangées entre Mateo Busquets Ferrer et les arbitres vidéo présents dans la salle VOR, sous la responsabilité de Guillermo Cuadra Fernández.
Ces enregistrements pourraient notamment permettre de mieux comprendre pourquoi aucune intervention n'a été recommandée concernant le geste d'Arda Güler sur Peque.
Les dirigeants sevillistas souhaitent également obtenir des éclaircissements sur l'interprétation de l'action impliquant Robbie Ure, ainsi que sur les autres décisions qui ont suscité leur mécontentement.
La réunion de mardi aurait toutefois mis en évidence des divergences persistantes entre les deux parties, malgré la reconnaissance rapportée d'une faute non sifflée sur l'attaquant écossais.
Une polémique qui dépasse désormais le résultat sportif
Au fil des heures, les controverses arbitrales du Bernabéu ont pris une ampleur dépassant largement la défaite concédée par les hommes de Luis García Plaza.
Les nouvelles séquences de la REFCAM permettent désormais d'entendre comment Mateo Busquets Ferrer a justifié ses décisions sur le terrain. Mais loin d'éteindre les critiques, elles alimentent les interrogations autour de son interprétation de certaines actions.
Dans le même temps, l'absence de ces situations dans le « Tiempo de Revisión » laisse les supporters sevillistas sans analyse publique détaillée du CTA, malgré l'importance des débats provoqués par cette rencontre.
Entre les explications de Busquets Ferrer, la position du CTA et les demandes officielles du Sevilla FC, une question demeure : comment des actions aussi contestées peuvent-elles rester sans véritable éclaircissement public ?
À Nervión, la frustration reste vive. Et si le résultat du Bernabéu ne changera pas, le club andalou entend manifestement obtenir des réponses sur les décisions qui, selon lui, ont pesé sur le déroulement de la rencontre.



